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Camper hors des sentiers battus

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Charles St-Louis, ici en randonnée dans les monts Groulx, incite les Gaspésiens à oser le camping loin de leur voiture.

Charles St-Louis, ici en randonnée dans les monts Groulx, incite les Gaspésiens à oser le camping loin de leur voiture. Photo : Offerte par Charles St-Louis

GASPÉ, juin 2018 – Pour Charles St-Louis, le camping est un moyen de s’enfoncer plus loin dans la nature. La neige et les distances ne rebutent pas ce randonneur, à qui les périples sac au dos permettent de décrocher. Deuxième de deux textes sur les mordus de camping.

M. St-Louis, un cuisinier de formation et guide de randonnée breveté, enseigne en tourisme d’aventure au Cégep de la Gaspésie et des Îles.

L’homme de 38 ans a vécu ses premières expériences de camping dans la roulotte de ses parents. Les scouts de sa ville natale, Nicolet, l’ont aussi amené camper dans des tipis en toile.

Puis il y a eu les voyages de camping avec des amis, souvent en canot. « On amenait trop d’eau, trop de bouffe, trop de tout », se rappelle-t-il. Sept ans dans l’Ouest canadien lui ont permis de multiplier les types de camping : pas juste à côté de la voiture, mais aussi à vélo.

Il fait des randonnées de plusieurs jours, sac au dos, « pour aller plus loin qu’une journée peut m’amener. Pour faire une approche jusqu’où on campe, respirer l’endroit, le vivre. Tu as l’impression d’être où personne n’est jamais allé, même si ce n’est pas le cas. Ça permet de te dépayser », dit M. St-Louis.

Le plaisir de la simplicité

« Je décroche vraiment, ça me rend zen. Il y a aussi des moments anxiogènes, où je me demande si je vais être capable. Je me dis : je suis loin, mais je l’ai voulu. Et c’est le plaisir de la simplicité, de n’avoir rien d’autre à t’occuper que tes besoins de base. Ça m’attriste parfois de voir la fin d’un trip. »

Son plus long périple, il l’a fait sur une section du Pacific Crest Trail, dans la Sierra Nevada californienne, « 1000 km sur un mois ». C’est là aussi qu’il a vécu son pire moment de camping. Une tempête tropicale s’est abattue sur un parcours jusque-là très sec. « Même si on était en juillet, je ne suis jamais passé plus proche de me retrouver en hypothermie. C’était l’enfer. Tu te sens misérable et tu te dis : qu’est-ce-que je fais ici? »

L’hiver aussi

Pourtant, M. St-Louis n’est pas frileux. Pour lui, toutes les saisons sont bonnes pour camper, y compris l’hiver. Il utilise la neige pour améliorer son confort. « Tu peux creuser dans ton vestibule de tente, construire une cuisine sous une bâche en sculptant des bancs, des tables », dit-il. L’hiver dernier, il a passé un total d’un mois en camping d’hiver avec ou sans ses étudiants, dont  cinq jours dans les monts Groulx, au nord de Baie-Comeau, en ski-camping. « Après, tu retombes dans ton confort et tu réalises combien tout est facile. »

Son plus bel emplacement de camping, il l’a découvert au Népal. « On était dans un fond de vallée, à 4000 mètres d’altitude, avec des montagnes de 6000 mètres autour, dans un ancien village d’éleveurs de yacks. On s’est installés dans les ruines de vieilles maisons en pierre pour se protéger des yacks qui se promenaient. Le matin, on a vu une avalanche au loin. »

Résident de la Gaspésie depuis un an, M. St-Louis admet ne pas connaître encore tous les trésors de la région. Il aimerait parcourir le Sentier international des Appalaches, section gaspésienne.

Et la bouffe?

M. St-Louis enseigne la cuisine en plein air, parmi d’autres cours, à ses étudiants de tourisme d’aventure. Alors qu’est-ce qu’on charge pour une randonnée? Les mets déshydratés du commerce peuvent le contenter, dit-il. Mais « je déshydrate de plus en plus moi-même. J’ai un beau gros déshydrateur. On a plus de contrôle sur les ingrédients. »

Il se permet de traîner un morceau de saumon congelé pour son souper du premier jour. « Le soir, il est juste assez dégelé, je le cuis avec du riz et des légumes. »

M. St-Louis admet que l’équipement, léger de préférence, a son importance quand on est à pied. « Tu ne peux pas partir avec ton gros sac de couchage du Canadian Tire », illustre-t-il.

Il incite quand même tout le monde à essayer. « J’appelle les gens à sortir des sentiers battus, à aller dans l’arrière-pays. Commencez petit, mais osez! »

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1 commentaire

Customer Financing for Contractors a écrit le 19 novembre 2018

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